Qui suis-je ?

Un brin de sens

Un brin de sens

Je me suis d’abord intéressée aux plantes cultivées pour se nourrir, et plus encore à ceux qui les cultivent, ailleurs souvent. Des études d’agronomie puis un master en agronomie tropicale m’ont ouvert une porte sur le monde et sur une autre approche de l’agriculture.

J’ai travaillé 10 ans au sein d’une organisation non gouvernementale (ONG), le Gret, à la mise en œuvre de projets de développement. Inde, Cambodge, Myanmar, Vietnam, Madagascar…Dix années passionnantes mais aussi beaucoup de questionnements, de doutes sur les rapports de force et sur ce que l’on apporte et emporte. 

Et puis l’envie de plus d’ancrage, d’actions avec une portée plus tangible m’a ramenée en France. J’ai travaillé cinq années pour l’ARDEAR Occitanie pour faciliter l’installation de porteur.euse.s de projet tourné.e.s vers une agriculture paysanne, cherchant à réduire leurs impacts sur l’environnement tout en améliorant la qualité de leurs produits, mais peu soutenu.e.s par les chambres d’agriculture. Un projet plein de sens mais des actions quotidiennes qui en avaient moins.

En 2021, j’ai fait un petit détour par le maraichage tout en m’initiant à la vannerie d’abord sauvage. Puis, de stages en stages j’ai trouvé dans la vannerie de plus en plus d’écho à mon besoin de développer mon propre projet porteur de sens. En 2024 j’ai décidé de développer mon activité de vannerie. Pendant une année, à raison d’une semaine par mois, j’ai eu la chance de me former auprès de vannières et osiéricultrice professionnelles pour préparer le CAP Vannerie que j’ai obtenu en juin 2025. Emilie, Tiane, Isabelle, je vous suis infiniment reconnaissante d’avoir partagé une part de votre savoir et de votre expérience avec moi.

Des brins d'osier

La plante qui m’occupe aujourd’hui, l’osier, n’est pas un plante nourricière mais elle m’offre la possibilité de créer sans déposséder, sans abîmer, sans détruire. L’osier est la pousse de l’année du saule. Le fait de la couper n’endommage pas la plante qui repoussera d’autant mieux l’année suivante.

Je collecte une petite partie de mon osier au bord du Tarn et de la Dourbies et sur quelques micro-parcelles que j’ai plantées, mais l’essentiel de l’osier que je travaille est produit par des osiériculteurs français. Je profite ainsi de leur savoir-faire dans la sélection, la culture, le séchage et le tris de différentes variétés d’osier qui m’offrent une plus large palettes de couleurs, des brins plus fins et plus adaptés au travail vannier que les essences sauvages.

Je fais le choix de n’utiliser que des végétaux collectés près de chez moi ou achetés auprès d’osiériculteurs français, des plantes foisonnantes, parfois jugées envahissantes. Ainsi, je ne travaille pas le rotin, qui ne poussent que dans des contrées lointaines (Indonésie notamment).

La vannerie offre la possibilité de fabriquer des objets avec des matières naturelles et locales, une alternative durable aux matériaux industriels.

Un brin de savoir faire

La vannerie est un savoir faire ancestral. De tous temps les hommes et le femmes ont tressé ce qui les entouraient et nombre de leurs objets et techniques ont traversé les temps pour arriver jusqu’à nous.

Je développe aujourd’hui mon activité de vannerie à Millau, dans l’Aveyron entre Causses et Vallées. Je tresse la nature pour créer du beau et du solide en respectant l’environnement. Mon travail implique plusieurs étapes : Prendre le temps de choisir les brins à tresser, et préparer l’osier ; Trouver le juste temps de trempage en fonction de la matière et de la météo pour obtenir des brins parfaitement souples. La vannerie permet un travail du toucher, en contact direct et sensitif avec la matière, qui repose sur le geste, la main : ployer, déployer, façonner, palpiter, tisser, entremêler, relier, tresser, métisser les matières, tisser la nature.

J’apprends à apprivoiser la rigueur des points de tressage tout en explorant l’étendue des possibles, la résonance du mouvement offerts par la matière qui accepte et parfois précède les entrelacements, les courbes, lignes, arabesques, entrelacs, la puissance du rythme et de l’ondulation

Un brin volatile

Pour finir un petit mot sur L’oiseau Vanneur.

Je suis absolument admirative de ce que certains oiseaux sont capable de tisser. J’avais aussi envie de faire un petit clin d’oeil à mon nom de famille, Vogel, qui signifie Oiseau en allemand.

L’oiseau moqueur et l’oiseau à ressort résonnaient dans ma tête.

L’oiseau vanneur a suivi. Introduire un brin d’humour et d’erreur, garder de la légèreté. Un adjectif comme un réflexe un rythme un qualitatif.

Un métier ?

Vannière ou Vanneuse ?